Par Christian CHEFNAY F9WT
RETOUR AU PAYS !
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Depuis 2006, je suis revenu dans ma belle Haute-Savoie natale.
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Quel bonheur de se retrouver au pays après une si longue
absence !
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Cela fait plus de 100 ans que je suis parti de Marignier,
petite commune à l’époque de 1900 habitants, du canton de Bonneville, située à
475 mètres d’altitude, où je suis né dans les années 1880 ou 1890 . Marignier
compte maintenant plus de 6000 habitants.
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J’ai été conçu et fabriqué dans les ateliers d’Alexandre
CAVALIERI, aux Usines du Giffre .

A. CAVALIERI (1857-1904) fut l’un des pionniers de
l’industrialisation régionale, construisant un barrage sur le Giffre dès 1895
pour alimenter son entreprise et d’autres ateliers de décolletage de la région
en électricité à courant alternatif triphasé, créant ainsi le premier réseau
intercommunal de fourniture d’électricité.

Les Usines du Giffre fabriquaient de multiples pièces de
mécanique et des appareils complets pour l’électricité et le télégraphe. Elles
produisirent également un phonographe à cylindres qui fut présenté à
l’exposition industrielle de Cluses en 1903.

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En 1904, à l’âge de 47 ans, Alexandre CAVALIERI décède .
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L’entreprise est reprise par la Société Thoume qui y fabrique
des tours de mécanique, puis une partie des locaux est occupée par les
Etablissements Joly qui produisent des pierres synthétiques, des lentilles etc…
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Peu avant la seconde guerre mondiale, c’est l’industriel
parisien J.P. Marchal qui rachète l’ensemble pour y produire des phares
d’automobiles, puis les célèbres bougies MARCHAL, dont l’emblème est la Croix
de Savoie, qui s’imposent sur les marchés français et étrangers . L’usine de
Marignier emploie alors jusqu’à 350 personnes.
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Mais que suis-je ?
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Je vous donne une indication : je ferme et ouvre un circuit
électrique… oui, comme un interrupteur ! J’utilise un code …Je suis fait de
pièces en laiton , fixées sur un socle en bois, j’ai un bouton en corne !
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Bravo, vous avez trouvé ! Je suis un manipulateur pour le
télégraphe morse, du premier modèle réglementaire (1882), de
l’administration des Postes et Télégraphes .
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Après ma fabrication, je suis parti de Marignier , avec
d’autres manipulateurs vraisemblablement , pour rejoindre mon affectation et
faire connaissance avec les opérateurs du télégraphe qui allaient m’utiliser
pendant de nombreuses années .
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Je ne me souviens plus si je suis parti à Bordeaux
directement, mais ce que je sais ,c’est qu’à l’heure de ma retraite j’étais
dans un bureau de poste de cette ville.
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Je fus emmené par Pierre Lafon à la fin des années 50 ; il
partait en retraite après une carrière aux PTT à Bordeaux et voulait garder un
beau souvenir de toutes ces années où j’avais été son compagnon de tous les
jours, partageant avec lui la correspondance des télégrammes. Mon ami Pierre
Lafon est décédé vers 1990 à l’âge de 96 ans .
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C’est Serge, le petit fils de Pierre, qui m’a retrouvé dans sa
maison de Saint André de Cubzac, à 25 km de Bordeaux, mais dans quel état !
Je n’étais pas seul, il y avait aussi un autre manipulateur qui dormait à mes
côtés. Serge décida d’en garder un en souvenir et de placer l’autre . Il eut
ainsi la bonne idée , en 2006, de me proposer à la vente sur un site internet
. C’est comme cela, par magie, que je me suis retrouvé en Haute-Savoie, chez
un collectionneur de manipulateurs, dans un village situé non loin de
Marignier . Quel bonheur !
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A mon arrivée en Haute-Savoie
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Maintenant
J’ai été bichonné, astiqué, j’ai retrouvé ma splendeur d’antan
et je porte toujours fièrement sous le socle, gravée dans le bois,
l’inscription « CAVALIERI Marignier Haute-Savoie » !

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Je trône sur le bureau où je viens d’écrire mon histoire !
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Et après cela vous direz que les objets n’ont pas d’âme ?
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Ndr : merci à Serge CAVALIERI , Michel GRY et son épouse,
petite-fille d’Alexandre CAVALIERI
et à Serge LAFON , petit fils de Pierre LAFON, de m’avoir
fourni la documentation nécessaire et permis ainsi d’écrire cette histoire
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