Le succès des expériences de radiocommunication menées par Gugliemo MARCONI en 1895 et les progrès ultérieurs auxquels celui-ci a ouvert la voie ont véritablement révolutionné les communications en mer. En 1897, MARCONI parvient à établir une liaison d’une portée de 14 km lors d’essais de propagation en mer dans le détroit de Bristol.
Le premier essai de communication sans fil dans la rade de Brest a lieu en 1898. Il est l’œuvre d’un savant marin, le lieutenant de vaisseau Camille TISSOT, docteur ès-Sciences, à l’époque professeur à l’Ecole Navale. Il est aujourd’hui considéré comme un grand précurseur.
L’histoire de la radiomaritime
Dès le départ de ces recherches, MARCONI est conscient du potentiel que présentent les radiocommunications pour des applications maritimes.
En 1897, il parvient à établir une liaison d’une portée de 14 km lors d’essais de propa-gation en mer dans le détroit de Bristol.
En 1898 et 1899, Marconi récidive en établissant sur 50 km une radiocommunication entre deux navires de guerre britannique. C’est l’époque héroïque de la radiomaritime.
En continuant la visite nous prenons connaissance des premières sociétés commerciales de la télégraphie sans fil et de la liste des stations radiotélégraphiques côtières en France en octobre 1906.
L’industrie radioélectrique se crée relativement tard, vers 1907 – 1908. Jusqu’à ces années n’existe qu’un certain nombre de petits ou moyens constructeurs qui ne travaillent qu’occasionnellement à la satisfaction des besoins de la Télégraphie et de la Marine Nationale.
En 1909 naît la Compagnie générale radioélectrique (CGR) ; la Société française radioélectrique (SFR) est fondée en mars 1910 sous l’impulsion d’Emile GIRARDEAU.
Par la suite nous apprenons la création de la Compagnie générale de Télégraphie Sans Fil (1918), des compagnies Radio-Maritime (CRM)(1919), Radio-technique (1919), Radio-France (1921), de la société Radio-Océan (1934) et de l’entreprise l’Emission Maritime à Nantes (1955).
Les premiers postes à lampes furent mis en service à la fin de l’année 1916.
Dès 1904, les Postes et Télégraphes installent une station expérimentale sur l’île d’Ouessant.
En 1940, Radio Ouessant se tait du fait de l’occupation allemande.
En septembre 1951, la nouvelle station « Brest – Le Conquet Radio » indicatif FFU, est opérationnelle regroupant les télégraphistes et les téléphonistes.
Saint-Lys Radio : Saint-Lys Radio mis en service le 18 octobre 1948 assure en permanence les communications en ondes courtes par télégraphie, téléphonie et télex avec les navires, où qu’ils se trouvent dans le monde. Arrêt des émissions en janvier 1998.
Allez, continuons notre visite par les signaux de détresse : CQD – SOS – MAYDAY.
Ici nous sommes sensibilisés par le signal de détresse CQD (Coming Quickly Danger) créé en 1906 ainsi que la fréquence de détresse. Abordons ensuite l’histoire de la radio dans la marine nationale française. Dès 1899, la Vienne et l’Ibis font des essais. En 1900, nos croiseurs sont pourvus de postes émetteurs et récepteurs. En 1905, tous nos bâtiments sont pourvus de ces matériels en télégraphie.
Dès 1914, une école de T.S.F. se crée à Toulon, à bord d’un cuirassé.
La formation des personnels est dévolue dans un premier temps aux torpilleurs puis aux électriciens. La création de la spécialité n’intervient qu’en 1920. A cette date, l’école est transférée à terre et ferme en 1942 à l’invasion allemande.
De 1940 à 1944, les Forces Navales Françaises Libres (F.N.F.L.) forment leur personnel en Angleterre.
De 1943 à 1945, une partie du personnel est formée en Afrique du Nord.
Après cette période où deux marines subsistaient, tout le personnel est formé sur l’île de Porquerolles.
En 1952, les radios reprennent pied sur le continent dans le domaine des Bormettes à 2 km de La Londe-Les-Maures. Cette école sera transférée en 1972 au groupement des écoles de transmissions dans le centre d’instruction naval de Saint-Mandrier.
En 1992, le morse n’est plus un besoin opérationnel majeur dans la Marine. Dans le cadre de l’évolution des spécialités des transmissions, l’obligation de posséder le certificat d’opérateur son pour accéder à la spécialité de radiotélégraphiste n’est plus justifiée.
(Ce certificat est cependant délivré pour les volontaires au stage jusqu'en 1996, note Webmaster)
Maintenant dans la suite du parcours, étudions l’historique de la T.S.F. dans la Marine de commerce.
En 1905, deux paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique sont équipés de matériel radio. La montée en puissance se fait petit à petit pour arriver en 1914 à 90 bateaux équipés de postes radiotélégraphiques.
En 1922, le trafic pour les compagnies de navigation est de 130000 télégrammes.
En 1930, la mise en évidence par les radioamateurs des propriétés particulières des ondes courtes permet aux navires de rester constamment en liaison avec le continent.
La première école de radiotélégraphiste au monde est inaugurée en 1901 en Angleterre et porte le nom de Marconi College.
En France quelques écoles sont créées pour assurer la formation des opérateurs T.S.F.
Les premiers brevets d’officiers radiotélégraphistes de 1ère classe ont été délivrés en 1911.
·Ecole de T.S.F. 152, avenue de Wagram Paris 19ème (la première fondée).
·Ecole spéciale de T.S.F. du Champ de Mars, 67-69 rue Fondary Paris Xvè(fondée en 1912)
·Ecole Française de Radioélectricité, Paris 5ème
·Ecole de T.S.F. de Rouen
·Ecole centrale de T.S.F.
·Collège Saint Joseph de Pléneuf-Val-André, dans les Côtes d’Armor. En 50 ans, quelque 1600 élèves sont passés dans ces formations de radiotélégraphistes.
La reconnaissance du statut d’inscrit maritime aux opérateurs radiotélégraphistes de la marine marchande embarqués n’intervient qu’en octobre 1934.
Il aura fallu attendre au moins 15 ans dans la Marine nationale pour que la spécialité soit reconnue comme telle.
Nous voici dans notre domaine de la pêche et la T.S.F. et c’est un sujet qui nous tient à cœur.
En 1911, la S.F.R. équipe le chalutier « La Manche » du port de Boulogne-sur-Mer.
En 1914, la S.F.R. a déjà équipé 50 chalutiers.
En 1921, apparition de la radiotéléphonie aux petits bateaux. Réalisation par les savants français Langevin et Florisson du premier sondeur avec analyseur optique.
En 1924, la Compagnie Radio Maritime installe les premiers radiogoniomètres pour la recherche des navires de détresse et l’atterrissage par brume grâce aux radiophares.
A Douarnenez, c’est en 1947 que le premier bateau est équipé de moyens de transmissions. La montée en puissance amène le Ministre des postes, télégraphes et téléphones à ouvrir dès septembre 1946 des stations de radiotéléphonie dans les principaux ports côtiers de la Manche et de l’Atlantique.
La station de Douarnenez a pour indicatif TKZ et est active avec la flottille de pêche jusqu’au 1er décembre 1951, date du transfert du trafic vers la station officielle de Brest, Le Conquet Radio.
Le 31 janvier 1997, le morse, langue faite de points et de traits, cesse de « tititatatiser » depuis les derniers centres radiomaritimes avec opérateurs.
Le 28 février 2000, les derniers spécialistes de France Télécom, au Conquet, cessent d’émettre en direction des navires.
Conquet radio replie ses antennes au nom de la rentabilité.
La filiaire pêche du Pays bigouden se sent complètement abandonnée. Avec l’aide du Département et de la Région, cette station « Radio Vacations Pêche » est opérationnelle et pallie à la fermeture de « Brest, le Conquet Radio ». Les équipages de l’île d’Yeu, des Sables d’Olonne et de Concarneau ont grossi la flotte initiale qui venait des quartiers du Guilvinec, Audierne et Douarnenez.
La fin du parcours didactique nous amène devant le panneau qui traite de l’aide à la radionavigation. De la radiogoniométrie au Global Positionning System (GPS), en passant par les radiophares nous abordons les systèmes Loran, Decca, Oméga, Toran , Sylédis, Rana sans oublier le Radar, le Sonar et le système Transit.
Aujourd’hui, à l’heure du bilan, nous pouvons confirmer l’intérêt porté par le public averti et néophyte. Nous avons accueilli 1300 visiteurs du 1er juillet au 15 septembre 2000 et durant les journées du patrimoine près de 200 personnes sont venues nous rendre visite. Nous avons eu le plaisir de rencontrer :
·François DE GONCOURTCHCR 302
·Jean Marie MATHIEUCHCR 260
·Jean Claude MONTAGNEPrésident de l’A.E.A.
·M. l’abbé Cyrille VAUTIER cofondateur de l’école des radios de Pléneuf Val André en 1951
sans oublier une cinquantaine de radioamateurs et une trentaine d’officiers radio marine marchande. Des personnes âgées étaient heureuses de relater la passion de leur père, amateur radio dans les années 20.
·Nous sommes récompensés par le fait que ce thème radiomaritimeva s’inscrire dans le cadre du nouveau contenu muséologique du Port-Musée. Les buts fixés par l’association sont donc atteints.
Voici maintenant quelques très belles pièces, présentées à cette exposition ! (Encore merci Michel de nous faire partager ces trésors !)
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Ce n'est pas magnifique ?
Ce télégraphe Morse a été construit à Milan par Enrico Noscota du 23/03/1921 au 27/06/1921. Il a été restauré à Brest par Jean-Jacques KRESS en janvier 1993.
Une belle collection de manipulateurs !
(Nota : Les modèles "plus récents", à savoir, par exemple, celui qui se trouve sur la gauche du magnifique manip Lagier, est celui qui est TOUJOURS en allocation sur tous les bateaux de la Marine Nationale)
Manips en provenance de la station radio de Rimouski, Canada.
D'autres manips ... dont quelques doubles contacts électriques et des lames de scie.
(Lame de scie car... ces manips étaient interdits dans la Marine Nationale... par exemple. (Vitesse...)... Du coup, les opérateurs se fabriquaient leurs propres manips à l'aide de lames de scie à métaux... Les messages étaient longs... et la pioche fatiguante... ces modèles, qui permettaient de poser le poigné... étaient bien évidemment très appréciés !)
... et que c'était beau !!!
L'U.F.T remercie Michel, F6DLQ pour ce superbe reportage, ces magnifiques photos et, bien sûr, nous vous invitons à dévouvrir cette exposition en Bretagne ! La région d'Audierne est magnifique... !