Solutions DSP (première partie)

Le D.S.P. (Digital Signal Processing) est un procédé de traitement digital du signal destiné à en améliorer la qualité principalement dans le but d’optimiser la compréhension de la parole. Il peut s’appliquer au niveau des moyennes fréquences ou de la basse fréquence dans la chaîne de réception du poste de radio. L’amateur pourra intervenir plus facilement sur le traitement du signal BF soit en achetant des équipements tout faits soit en les réalisant lui-même grâce à l’utilisation de modules professionnels.
 

La firme anglaise « bhi » commercialise par l’intermédiaire de plusieurs annonceurs de la revue de tels produits plus ou moins élaborés. Nous avons résolu de mettre en œuvre le module de base appelé  NEDSP1061-PCB qui est une platine de traitement du signal BF par élimination modulable du bruit de fond. L’utilisation d’un autre produit, le NEDSP1061-KBD, destiné à être intégré directement à l’intérieur d’un FT817 de YAESU a été décrite précédemment dans les colonnes de la revue.

Le NEDSP1061-PCB

C’est une petite platine de 2,5x3,5 cm qui s’intercale dans la chaîne basse fréquence entre le préamplificateur (ou la détection) et l’amplificateur de puissance, le plus souvent à la place du condensateur de liaison.

Il nécessite une logique de commande qui définira 8 niveaux d’atténuation allant de 4 à 65dB pour les signaux non essentiels et de 9 à 35dB pour le bruit blanc.

Attention, ce module ne réduit pas la bande passante et il ne pourra pas remplacer un filtre à bande étroite pour la CW même s’il peut améliorer la compréhension des signaux QRP. Sur les signaux Morse puissants il est très peu efficace et n’élimine pas le QRM causé par des stations proches. Cela se comprend puisqu’il est destiné au traitement de la parole. En revanche pour la phonie les résultats sont spectaculaires.

Le schéma fonctionnel est simple à comprendre. Le signal analogique présent sur la broche n° 9

est d’abord converti en signal digital. Ce signal digital est modifié par l’unité de traitement du signal en fonction de la connexion ou non des broches 1,2 et 3 à la masse. Huit positions sont possibles, pour 8 niveaux d’atténuation du bruit de fond. La broche n°8 permet de neutraliser l’action de cette unité.

Ensuite, le signal digital modifié est converti à nouveau en signal analogique disponible sur la broche n° 10. L’alimentation électrique se fait sur la broche n°5. Elle est protégée d’une éventuelle inversion de polarité et la tension est ramenée à 3,3 V par un régulateur situé sur la platine.

Brochage du circuit et montage mécanique

La photo du circuit parle d’elle même. Les plots notés de 1 à 10 correspondent aux connexions de la platine où l’on soudera des picots qui s’enficheront dans un support correspondant. Ceux qui sont à l’opposé, au nombre de 5, ne doivent pas être connectés. On peut éventuellement y souder des picots à enficher mais uniquement pour la rigidité mécanique. L’expérience montre que ce n’est pas indispensable le circuit étant très léger.

Le tableau suivant indique à quoi correspondent les broches :

Les trois premières broches notées N0 à N2 permettent de définir le niveau d’atténuation du bruit de fond. Elles correspondent à un code binaire sur 3 bits allant de 000 à 111 soit en décimal de 0 à 7 ce qui nous donne bien 8 niveaux d’atténuation.

 la broche n° 8 lorsqu’elle est à la masse désactive la fonction DSP et le signal d’entrée se retrouve en sortie. Attention, ce n’est pas un « by-pass » c’est à dire que le signal transite bien à travers de la platine : en cas de coupure de l’alimentation il n’y a plus de

signal en sortie. Si l’on veut réaliser un véritable by-pass il est nécessaire d’utiliser un inverseur. Le fabricant indique le moyen de créer un by-pass en cas de coupure de l’alimentation.

Brochages et connexions
Nom Description
1 N0 Contrôle d'atténuation, Bit 0
2 N1 Contrôle d'atténuation, Bit 1
3 N2 Contrôle d'atténuation, Bit 2
4 N/C Non connecté
5 Vin Alimentation (+)
6 N/C Non connecté
7 0V Masse (-)
8 Noff Mise hors circuit (by-pass)
9 In Entrée du signal
10 Out Sortie du signal

Les autres connexions ne nécessitent pas d’explications complémentaires : alimentation, entrée, sortie. Tout cela est d’une très grande simplicité.

 Le montage mécanique se fait grâce à des picots soudés sur les plots 1 à 10. On peut choisir des picots droits ou coudés selon le

montage envisagé, horizontal ou vertical, et plus généralement tout connecteur muni de broches au pas de 1/10 de pouce (2,54 mm), voire des fils de câblage. Les trous étant métallisés il est possible de souder d’un côté ou de l’autre.

Sur cette photo les cavaliers J0 à J2 sont en place comme à la livraison. Ils permettent une programmation élémentaire de l’atténuation, bien peu commode en pratique mais qui permet de faire des essais rapidement sans câbler un système de commutation extérieur utilisant les broches 1 à 3 notées N0 à N2.

Caractéristiques électriques et digitales du circuit

                      

       Caractéristiques électriques : ce sont celles du fonctionnement général de l’électronique

-       L’alimentation pourra supporter des tensions de 5 à 15V. L’utilisation d’un régulateur de type 78L05 à 78L09 aura l’avantage de limiter le travail du régulateur interne de 3,3V mais cela ne semble pas indispensable.

-       Le courant consommé étant de 50 mA maximum et les régulateurs 78Lxx pouvant débiter jusqu’à 100 mA, il sera inutile de monter des régulateurs plus puissants.

-       Le niveau d’entrée du signal est de 50 mV au minimum, tension délivrée couramment par les postes de radio sur les sorties BF.

-       Le niveau de sortie du DSP permet d’ « attaquer » confortablement l’ampli BF de son choix ou tout autre circuit ayant une impédance d’entrée assez élevée (10 kOhms).

 Caractéristiques digitales : elles servent à coder le niveau d’atténuation (Plots notés N0 à N2) Le tableau n’est pas très explicite. Voici ce qu’il faut comprendre :

-       Le niveau haut correspondant à un « 1 » logique est au maximum 3,3 V mais il est inutile de s’en préoccuper car les plots sont portés automatiquement à cette tension par l’intermédiaire de résistances câblées sur la platine, à condition bien entendu de retirer les cavaliers J1 à J3. Le niveau limite inférieur n’est pas indiqué sans doute pour cette même raison.

-       Le niveau bas est de 0,8V ou moins. Cela nous permettra d’utiliser des diodes reliées à la masse pour forcer un bit au « 0 » logique ce qui est bien utile nous le verrons plus loin. En effet les diodes 1N4148 créent une chute de tension inférieure à 0,8 V

 Impédances

La notice d’utilisation ne précise pas de façon explicite les impédances d’entrée et de sortie mais les schémas d’application montrent qu’elle sont d’environ 10 kOhms. Il ne faut surtout pas connecter directement un casque ou un haut-parleur en sortie de ce circuit, leur impédance est beaucoup trop faible.

La mise en œuvre du circuit

 La logique de commande utilise les broches 1 à 3 notées N0 à N2 pour définir les 8 niveaux d’atténuation possibles. Le tableau ci-dessous résume les niveaux logiques à appliquer sur ces broches pour les obtenir.                                      

Nous avons vu précédemment que le niveau logique 0 était obtenu par une mise à la masse de la broche correspondante. Cela peut être par l’intermédiaire d’un court-circuit (interrupteur) ou par celui d’une diode correctement orientée

Exemples : 

  1. Pour obtenir le niveau 1 : les trois plots doivent être reliés à la masse ;
  2. Pour obtenir le niveau 5 : les plots N0 et N1 sont à la masse, le plot N2 est « en l’air » ;
  3. Pour obtenir le niveau 8 : tous les contacts sont « en l’air ».

Pour obtenir ces résultats il est possible d’utiliser les cavaliers fournis ou une série de 3 interrupteurs mais ce n’est pas très pratique : nous ne sommes pas habitués à compter en base 2 et la manœuvre de 3 interrupteurs n’est pas commode d’utilisation.

Il nous vient immédiatement à l’idée d’utiliser un commutateur rotatif appelé aussi « rotacteur » à 8 positions. Comme il y a 3 contacts à commuter on pourrait utiliser un rotacteur muni de 3 galettes mais c’est cher et volumineux. Il existe des commutateurs pour 1 circuit et 12 positions dont la course peut être limitée à 8. C’est ce qu’il y a de moins cher, le prix des diodes étant minime. En revanche le câblage sera un peu plus compliqué : un schéma explicatif sera bien plus explicite que des discours.

Chaque position du commutateur est reliée à une ou plusieurs diodes, les liaisons étant représentées en couleurs afin de bien les distinguer.

Il n’est pas possible de relier directement les plots N0 à N2 au commutateur à 8 positions car cela conduirait irrémédiablement à des erreurs. Il faut donc les relier par l’intermédiaire de 3 groupes de 4 diodes qui vont permettre de discriminer les 8 positions sans empiéter les unes sur les autres.

 Exemple :

La position 3 correspond d’après le tableau des commutations à : N0 = 0 / N1 = 1 / N2 = 0

Pour obtenir cette combinaison il faut relier N0 et N2 à la masse par l’intermédiaire de diodes. En suivant des yeux le trait orange on vérifie que c’est bien le cas. En position 1 les 3 plots sont à la masse et en position 8 il n’y en a aucun, ce qui explique que la position 8 du commutateur ne soit pas câblée.

On remarque sur la photo ci-dessus les 12 diodes de commutation et, à droite, les fils de liaison vers le commutateur. Pour ne pas faire d’erreurs j’ai choisi comme sur le schéma  une couleur de fil correspondant au code des résistances : position 1 marron, position 2 rouge, position 3 jaune etc. Le circuit DSP a été ôté, il vient s’enficher dans le connecteur situé sur la gauche. Quand il est en place il recouvre les diodes.

 L’adaptation d’impédance de la sortie et l’amplification du signal

 exemple de cas simple : avec un amplificateur pour casque ou un amplificateur BF de puissance.

Il n’est guère nécessaire de commenter le schéma : la sortie du module DSP est chargée par un potentiomètre de 10 KOhms dont le curseur est relié à un ampli BF pour casque ou un ampli de puissance avec un haut-parleur. Pour des raisons de simplification les broches 1 à 3 déterminant le traitement du signal ont été omises.

 Réalisation pratique : un amplificateur à DSP pour casque

Nous utiliserons pour cela un circuit LM386. La description du montage est fournie par le constructeur. Nous choisirons un gain de 20 en supprimant le condensateur de 10 µF mais nous garderons l’ensemble des autres composants préconisés pour amplifier  de façon satisfaisante un signal en provenance d’un poste de radio. L’inductance notée « Ferrite bead » sur le schéma est constituée par 3 tours de fil émaillé sur un tore de ferrite récupéré, pour ma part, dans une alimentation à découpage hors service (ordinateur). Voici le schéma d’implantation et le typon de l’ampli DSP pour casque :

Partie amplificateur : à gauche du schéma d’implantation

 Le potentiomètre de 100 Ohms et les deux résistances de 22 Ohms sont facultatifs. Le potentiomètre permet de délivrer un signal équilibré (balance) sur les deux écouteurs d’un casque stéréophonique, les résistances limitent la puissance du signal. Elles peuvent être remplacées par des courts-circuits (straps) si l’impédance du casque est forte (32 Ohms) ou si l’on estime que le son n’est pas assez puissant dans les écouteurs. Si vous possédez un casque monophonique il ne faudra pas câbler le potentiomètre d’équilibrage mais seulement une résistance en série adaptée à la sensibilité du casque et à celle de vos oreilles.

 Vous avez sans doute compris que ce qui est représenté comme étant un ajustable de 10 kOhms est en fait une connexion pour un potentiomètre de volume placé en face avant.

Les deux picots reliés aux broches 1 et 8 du LM386 permettent de câbler si nécessaire un condensateur de 10µF comme il est indiqué sur le schéma d’application. Cela augmente considérablement le gain du circuit. Personnellement je n’ai pas eu besoin de le faire.

 Partie DSP et alimentation :  à droite du schéma d’implantation

Le régulateur 7809 peut être avantageusement remplacé par un 78L09 le méplat du circuit étant orienté vers le haut de la page.

Le support à 3 broches marqué « Diodes » est destiné à une diode électroluminescente rouge/vert, les deux anodes placées à gauche et à droite et la cathode commune au centre.

Les 3 picots situés juste au-dessus sont destinés à un inverseur double, le picot de droite (+V) étant destiné au commun de l’inverseur dont le rôle est de mettre en activité le module de traitement du signal (ou de le neutraliser) et d’éclairer un voyant coloré (diode LED rouge/verte) en face avant. Voir ci-dessus le câblage de l’inverseur.

Le picot correspondant à la broche 8 du NEDSP1061 est noté « Stop » sur le schéma d’implantation.

Le connecteur à 10 broches est destiné à la platine DSP, le plot n°1 étant situé à droite. (Voir les photos de la réalisation).

Une rangée de picots coudés soudée à l’emplacement noté  « Commutateur » est reliée par des fils de couleur aux broches 1 à 8 d’un rotacteur dont la course est limitée à 8 positions, la broche n°1 du commutateur rotatif étant reliée à la broche de gauche du connecteur (Voir photos). On peut opter bien entendu pour une soudure directe des fils sur le circuit imprimé mais le système « picots + connecteur » m’a semblé plus pratique.

La broche commune du commutateur rotatif est reliée à la masse.

Précautions à respecter

 Avant de connecter le module NEDSP1061 sur son support il faut vérifier le bon fonctionnement de l’alimentation et de l’amplificateur BF.

-       Vérifier qu’une tension de 9 V (78L09) est bien présente entre les broches 7 et 5 du connecteur DSP ;

-       On peut vérifier le bon fonctionnement de la programmation (broches 1,2 et 3) avec le montage ci-contre qui peut se réaliser « en l’air » : les cathodes des diodes sont enfichées dans le connecteur DSP, broches 1, 2 et 3. En manœuvrant le rotacteur on doit voir s’éclairer les diodes chaque fois qu’un 0 logique est indiqué dans le tableau des commutations ;

-       Ensuite on shunte avec une queue de résistance les broches 9 et 10 du connecteur DSP et l’on injecte sur l’entrée BF un signal convenable : générateur BF ou sortie du TX si l’on a déjà réalisé les câbles de liaison. On doit alors entendre confortablement le signal dans le casque et pouvoir faire varier le volume avec le potentiomètre ad hoc ;

-       Si tout va bien on peut ensuite connecter le DSP (alimentation coupée) puis procéder aux premiers essais avec le RX. Les résultats sont évidents dès les premiers niveaux d’atténuation du bruit de fond. Au niveau 3 par exemple en actionnant l’inverseur « direct/DSP » l’effet est saisissant.

Quelques photos de la réalisation

Intérieur câblé, module DSP retiré pour voir les diodes. Une pile de 9V peut remplacer l’alimentation externe. Un système automatique de commutation par diodes a été installé : en absence de tension c’est la pile qui prend le relais.

Vue extérieure du boîtier : version très dépouillée, très « PRO » ! On remarque la LED bicolore signalant la mise en œuvre du DSP. Ce système de signalisation n’est pas vraiment utile : il suffit de placer le casque sur les oreilles et d’ écouter la différence mais cela apporte un petit cachet supplémentaire.

  

( à suivre…)

Nomenclature

Composants

Valeur

Qté

DSP+commutation

Condensateur

0,2µF

1

Régulateur

78L09

1

Diodes

1N4148

12

Résistance

680

1

LED

Bicolore

1

Commutateur

1C/12P

1

Inverseur

Double

1

Supports, picots, etc.

Selon besoins

 

 

 

 

Ampli pour casque

Résistances

22

2

 

47

1

 

10k

1

Potentiomètre

10k

1

Condensateurs

2,2nF

1

 

47nF

1

 

10µF

1

 

220µF

1

Inductance

voir texte

1

Circuit intégré

LM386

1

Casque

8 à 32 Ohms

1

Supports, picots, etc,

Selon besoins

 

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Solutions DSP : distribuer le signal BF ( deuxième partie )

Avoir une sortie DSP pour un casque c’est bien mais un peu égoïste : pourquoi ne pas en faire profiter un second opérateur, les personnes alentour, interfacer l’ordinateur et disposer d’un signal BF « à tout faire » destiné à une chaine HI-FI, une sonorisation puissante, un casque HF ou tout autre chose? Vous verrez que si vous avez déjà monté le casque DSP vous n’avez pas perdu votre temps !

Le tampon (ou buffer en anglais) 

Le signal en sortie du DSP NEDSP1061-PCB est à haute impédance, environ 10 kOhms. Cela signifie qu’il ne peut pas délivrer l’intensité suffisante permettant d’alimenter tous les accessoires que nous venons de décrire. Il nous faut donc réaliser un circuit « tampon » qui aura une forte impédance d’entrée et une faible impédance de sortie. Le constructeur du DSP propose une solution très simple dont voici le schéma :

On utilise dans ce cas un amplificateur opérationnel dont l’entrée positive est reliée à la sortie du DSP et polarisée en tension par les deux résistances de 10 kOhms. La sortie et reliée à l’entrée négative si bien que le gain en tension de ce système est égal à l’unité. En revanche il peut débiter un courant nettement supérieur. Pourquoi fatiguer quand le travail est déjà tout fait ? J’ai donc suivi ce schéma et… je n’ai

jamais pu obtenir de bons résultats malgré mon acharnement et les diverses variantes que j’ai pu apporter : changement d’ampli opérationnel, montage inverseur etc. A chaque fois j’entendais un QRM venant très probablement des circuits de conversion analogique-digital.

Comme je venais de réaliser sans aucune difficulté l’ampli pour casque je me suis dit qu’il ne fallait pas se compliquer la vie et réutiliser le même montage. Pour mémoire voici le schéma déjà paru dans l’article précédent. Il faudra bien entendu ôter le haut-parleur et l’on pourra diminuer la valeur du condensateur de liaison :

En revanche le gain en tension est de 20 (données constructeur) et c’est beaucoup trop pour les applications qui vont suivre. La solution consiste à atténuer le signal d’entrée avec un potentiomètre ajustable à la place du potentiomètre de volume utilisé avec l’amplificateur pour casque.

Si l’on a déjà fabriqué cet amplificateur on pourra l’utiliser comme tampon. J’ai réalisé une nouvelle implantation des composants utilisant un potentiomètre ajustable à plat qui est plus commode à régler lorsque le montage est dans un boitier. Je ne reviendrai pas sur la partie DSP et la commutation elles ont été décrites dans l’article précédent.

Le typon et le plan d’implantation 

Il n’y a que très peu de commentaires à faire, on reconnaît le plan d’implantation de l’amplificateur de casque à DSP. Il a été très légèrement modifié comme indiqué précédemment pour un câblage plus commode.

En sortie BF on obtient un signal puissant qui va pouvoir alimenter les montages en aval.  

Le projet de distribution. 

Dans les premières lignes de l’article nous avons envisagé plusieurs possibilités. Nous allons essayer de les réaliser toutes.

1-     La sortie auxiliaire est destinée à alimenter un appareil extérieur : sono, casque HF etc. La réalisation sera des plus simples puisqu’il suffira d’installer une prise extérieure reliée à la sortie BF du circuit tampon ;

2-    Deux amplificateurs pour casque : j’ai souhaité cela pour pouvoir « contester » au radio-club ou plus généralement en milieu bruyant. Les opérateurs seront tranquilles et les personnes présentes ne seront pas privées de son ce qui se produit lorsqu’on connecte un casque à la sortie ad hoc du transceiver ;

3-    Une interface vers un ordinateur pour utiliser les modes digitaux, même si l’on n’utilise pas le DSP ;

4-    Un amplificateur de puissance moyenne (7 Watts dans mon cas) permettant une écoute confortable sans utiliser de casque, suivi d’un haut-parleur de qualité extérieur au montage. Il n’est pas très difficile de récupérer des enceintes venant d’anciennes chaînes HI-FI ou de toute autre provenance.  

Voici le schéma synoptique du projet.

Comme on peut le voir sur le schéma la ligne orange relie la sortie BF du tampon à toutes les entrées des modules définis précédemment. Ils sont donc tous placés en parallèle mais l’impédance qui en résulte est largement supérieure à l’impédance minimum admissible par le circuit intégré LM 386. Il a également été représenté la sortie BF de l’ordinateur vers le TX ainsi que la ligne actionnant l’alternat via un relais. L’option choisie a été la commutation par une ligne de commande du port série de l’ordinateur (Port de COM). La ligne verte verticale indique une séparation galvanique totale entre le PC et le TX.

 Les modules 

Chaque module va être étudié et nous allons proposer une réalisation complète. Il reste bien entendu que chacun pourra câbler ou non telle ou telle partie du circuit imprimé selon ses besoins.

 Module 1 : La sortie directe du signal BF vers un ampli extérieur n’a pas besoin d’être décrite : c’est un socle au choix. 

Modules 2 et 3 : Les amplificateurs pour casques. Se référer à l’article précédent.

 Module 4 : Amplificateur 4 à 7 Watts. J’ai utilisé un module tout fait, acheté dans le commerce sous forme de kit. Il existe certains modèles qui ne nécessitent que les raccordements d’entrée et sortie ainsi que l’alimentation électrique.

 Module 5 : Interface ordinateur. On pourra se référer à l’article paru dans MEGAHERTZ n° 300. J’ai retenu les solutions les plus simples possibles en particulier pour la commande de l’alternat. J’ai gardé l’isolation galvanique entre le PC et le poste de radio mais si l’on ne craint pas d’endommager ses appareils de simples fils peuvent remplacer les transformateurs de liaison 600/600 Ohms. Pour être tout à fait honnête je ne connais pas de cas où le PC ait endommagé le TX - en inversement – mais j’applique le fameux principe de précaution.

Voici pour mémoire les schémas utilisés :

Ayant vérifié que la sortie de la carte PCMCIA qui simule un port de COM sur mon ordinateur portable fournit des tensions de +/- 5 Volts j’utilise un relais miniature adapté à cette tension. La norme RS232 est de +/- 12V. Il existe des relais miniatures pour cette tension, sinon on câblera R1 dont il faudra calculer la valeur en fonction de la résistance de la bobine du relais. On peut utiliser la formule :

R chute = R relais x (V alim - V bobine) / V bobine

Rchute étant la résistance à monter en série, Rrelais la valeur ohmique de la bobine du relais, Valim  la tension d’alimentation et Vrelais la tension nécessaire pour faire fonctionner le relais. Par exemple si on alimente un relais de caractéristiques 5 V/600 Ohms avec une tension de 12 V la résistance série nécessaire sera : 600 x (12-5) / 5 soit 840 Ohms. Une valeur normalisée proche conviendra.

 Réalisation

On distingue sur la photo de la réalisation divers éléments :

1-     La platine DSP de bhi-ltd ;

2-    La platine « tampon » et commutation décrite précédemment ;

3-    L’amplificateur de puissance 7 Watts : kit du commerce ;

4-    Une platine supportant essentiellement les amplis de casques, l’interface ordinateur ainsi que quelques éléments de connectique ;

5-    La face arrière avec tous les branchements ;

6-    La face avant avec les potentiomètres de réglage, le rotacteur, l’interrupteur de mise en action du DSP. Les potentiomètres destinés au réglage de volume des casques et de l’ampli BF sont des modèles avec interrupteur qui permettent d’alimenter uniquement les modules utilisés et évitant le gaspillage d’énergie.

 Examinons le plan d’implantation de la platine supportant les modules : Pour plus de clarté nous avons varié les couleurs des pistes.

-       En vert foncé la masse côté poste ;

-       En vert jaunâtre la masse côté ordinateur ;

-       En orangé le +V de l’alimentation ;

-       En rouge le signal BF sortant du tampon DSP ;

-       En bleu foncé les divers signaux BF ;

-       En bleu clair diverses pistes reliées à l’ordinateur.

 

On y découvre de haut en bas :

 

-       Les deux amplis de casques. Les pastilles notées « I » doivent être reliée à l’interrupteur du potentiomètre ;

-       Au centre et à droite on remarque les pastilles destinées  au potentiomètre à interrupteur de l’amplificateur extérieur (Ampli HP) ;

-       Juste en dessous les pastilles nécessaires pour le branchement d’une sortie directe extérieure de la BF ;

-       A gauche vers le bas : l’interface vers l’entrée micro ou ligne de l’ordinateur. Cette interface étant « passive » il n’y a pas besoin de l’alimenter ;

-        En dessous à gauche l’interface vers l’entrée BF du poste. J’ai prévu de ne câbler qu’un ajustable réglé une fois pour toutes. Il est bien entendu aisé de le substituer par un potentiomètre en face avant ;

-        En bas à droite l’interface vers le PTT qui a été décrite et ne nécessite pas d’autre commentaire. J’ai noté « RS232 » la ligne de commande sans plus de précision car c’est le logiciel utilisé qui la détermine.

Petites idées pratiques :

Même si le DSP est protégé des inversions (je n’ai pas essayé, j’ai simplement lu la notice !) j’ai préféré insérer une diode puissante dans le circuit d’alimentation. Je n’ai pas câblé de fusible mais j’ai peut-être eu tort. Si vous avez de la place faites-le, trop de précautions valent mieux que pas de précautions !

 

 

 

 

Pour indiquer qu’un module est actif, et donc alimenté, j’ai installé des LED témoin en face avant à proximité des potentiomètres de commande.

Lorsque le module est activé la LED correspondante s’éclaire.

Conclusion 

Ces deux articles montrent qu’il est possible d’apporter des solutions DSP et des aménagements du signal BF même pour des récepteurs de classe modeste ou pour les constructions d’amateur décrites à maintes reprises dans les colonnes de Mégahertz Magazine. La conception modulaire permet de ne câbler que les éléments dont on a besoin.

Les heureux possesseurs d’appareils haut de gamme pourront y trouver également un intérêt en ce qui concerne la répartition du signal BF, décrite dans le second article.  La sortie BF de leur poste de radio sera parfaitement « tamponnée » et interfacée.

 

Dans ce cas pour éviter de reproduire les éléments inutiles je joins le plan d’implantation et le circuit imprimé d’un élément « tampon » dépouillé de la partie DSP et commutation.


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Quelques illustrations de la réalisation

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